L’aéroport de Saint-Jean-sur-Richelieu a été construit au début de la Seconde Guerre mondiale, comme centre d’entraînement militaire. En 1994, le gouvernement fédéral annonce la cession de l’aéroport, à l’instar de plusieurs autres installations aéroportuaires canadiennes, à l’administration municipale. En avril 2004, la Ville devient propriétaire à part entière des installations avec l’obligation contractuelle de maintenir les activités aéroportuaires du site pour une période de dix ans.

Au cours des dernières années, le nombre de mouvements d’aéronefs s’est maintenu à près de 40 000 annuellement, qui sont essentiellement concentrés en période estivale. À la lumière de ces informations, le conseil municipal a souhaité définir et préciser le rôle des installations aéroportuaires et surtout d’avoir un plan afin de prendre des décisions éclairées pour l’avenir.

En parallèle à la réalisation du plan d’orientation stratégique de l’aéroport, la Ville a présenté, au début de l’année 2016, un projet pilote pour l’implantation d’une école de pilotage à l’aéroport. Le projet a suscité des réactions notamment de la part des citoyens résidant à proximité de l’aéroport et dans les principaux corridors de vol.

 

Une étude en vue d’un plan d’orientations stratégiques et d’un plan d’affaires

En janvier 2016, le Service du développement économique de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu lançait un appel d’offres en vue de retenir les services d’une firme d’experts afin de procéder à l’élaboration d’un plan d’orientations stratégiques et d’un plan d’affaires pour l’aéroport.

Les objectifs spécifiques de l’étude menée par Abscisse Recherche consistaient à :

  • définir les orientations stratégiques optimales pour le développement de l’aéroport
  • élaborer un plan d’affaires qui permettra à la Ville de maximiser le potentiel de développement économique des installations aéroportuaires
  • proposer un plan d’action et de mise en œuvre favorisant l’investissement et la création d’emplois, dans le respect de l’acceptabilité sociale et de l’atteinte de consensus
  • démontrer que les approches avancées présentent une rentabilité économique

Les recherches et les analyses conduites dans le cadre de l’étude montrent que :

  • le site est défavorablement localisé – proximité des zones résidentielles et contraintes à l’égard des accès routiers
  • des acteurs du milieu économique et politique soutiennent qu’il n’y a pas eu, à ce jour, de vision claire à l’égard du développement des infrastructures aéroportuaires de proposée
  • le nombre de mouvements d’aéronefs est relativement stable (±40 000 annuellement) et rien ne laisse présager une croissance majeure à moyen ou à long terme
  • l’aéroport de Saint-Jean-sur-Richelieu affiche un déficit d’exploitation de l’ordre de 200 000 dollars annuellement
  • compte tenu de sa localisation à proximité de l’Aéroport Montréal-Trudeau et des prérogatives auxquelles répondent les transporteurs aériens, il n’est pas envisageable que l’aéroport soit desservi par un transporteur régulier (passagers et fret)
  • les perspectives de croissance de l’aviation générale de plaisance sont limitées
  • l’aviation d’affaires et les écoles de pilotage semblent offrir des perspectives de croissance intéressantes dans le contexte canadien et québécois. Toutefois, pour ces deux segments de marché, la concurrence de Montréal-Trudeau de manière générale, mais plus particulièrement celle de l’aéroport de Saint-Hubert qui a su développer ces créneaux au cours des dernières décennies, limitent le potentiel
  • la présence de quartiers résidentiels à proximité du site aéroportuaire rend la cohabitation, avec les écoles de pilotage, sensible puisque ces derniers effectuent de nombreux mouvements d’aéronefs répétitifs (posé-décollé)
  • la capacité du site en termes de mouvements d’aéronefs est largement plus importante que la demande
  • pour des facteurs opérationnels (vents dominants), plus de 80 % des mouvements d’aéronefs sont effectués sur la piste 11/29